LETTRE DE HVAR

De Venise à Hvar

du Mardi 22 Juin au Samedi 4 Juillet 2015

Judith triomphante brandit la tête d’Holopherne qu’elle vient de décapiter après l’avoir séduit puis enivrer ; le superbe chœur des femmes aux yeux d’éclairs ,habillées de tuniques rouges, chante sa victoire sur ce général de l’ Empereur de Babylone (Nabuchonodosor) à la tête d’une armée redoutable qui menace de détruire Betulia et de réduire ce peuple de Judée à l’esclavage.

Nous applaudissons vivement avec la salle les plus belles voix, celle de la servante d’Holopherne, celle de la servante de Judith et celle d’Holopherne elle-même dans le cadre d’une représentation exclusivement féminine. Judith, dédaignant d’adapter aux circonstances son visage figé (une diva doit-elle s’abaisser à jouer au théâtre ?) est davantage contestée.

Nous avons la chance d’assister, avec des billets de dernière minute achetés à un prix raisonnable, dans la salle mythique de La Fenice, à la première de cet opéra , Judith triomphante, peu connu de Vivaldi, l’illustre compositeur de la cité lacustre.

Le livret nous apprend qu’il s’agit d’une allégorie de Venise menacée par le Grand Turc et qui pourtant lui tient habilement tête avant de triompher de lui, alliée aux Espagnols et aux Génois, lors de la fameuse bataille navale de Lépante où les galères de la Sérénissime jouèrent un rôle majeur.

C’est toujours un plaisir de revenir à Venise : visiter son superbe palais des Doges et ses collections d’armes exceptionnelles, admirer les marbres somptueux de San Marco ; flâner dans ses ruelles sans voitures, franchir les petits ponts enjambant ses canaux, découvrir ses palais, ses maisons anciennes et ses églises, musarder dans ses musées.

Avec mon vieil ami du Lycée Thiers, Philippe (Reboul), nous l’avions découverte avec émotion en 1956 en débouchant de Mestre et en traversant la lagune. Notre bac 1èrepartie en poche nous arrivions de Marseille en vélo, tente et réchaud à alcool sur le porte-bagages, en passant par Briançon, le Montgenèvre et les lacs italiens. Ce superbe tour nous conduisit ensuite dans la Yougoslavie de Tito puis à Vienne, en rentrant au bercail par le Tyrol et la Suisse.

1956 c’était Nasser nationalisant le canal de Suez, au grand dam des Français et des Anglais qui envoyèrent illico leurs paras pour en reprendre le contrôle, c’était la France en panne d’essence à la suite de l’embargo exercé en représailles par les Américains, les Russes et les pays arabes. C’était les chars soviétiques qui mataient la révolution hongroise, « les évènements de Budapest », alors que nous en longions la frontière après avoir traversé la Slovénie. 1956 c’était hier quoi, non c’était il y a 60 ans. Souvenirs, souvenirs, un verre de rhum….

Coïncidence, c’était également après son premier bac qu’Anne-Marie avait découvert Venise. Son parrain et sa marraine, les délicieux et regrettés Albert et Cloclo, étaient passés la prendre à Briançon puis, franchissant également le col du Montgenèvre, la gâtaient en descendant au fameux hôtel Danieli à deux pas du palais des Doges et de la belle maison sur le quai où Vivaldi composa ses quatre saisons. Anne-Marie ne manque d’ailleurs pas de nous faire visiter le hall de l’hôtel célèbre.

La dernière fois que nous y étions venus c’était il y a quelques années avec Côme et Laure, nos derniers petits enfants, à qui nous offrions leur « voyage des 10 ans » en venant également de Briançon et du Montgenèvre, en passant par Sienne et Vérone. Ils avaient beaucoup aimé et, pour nous remercier, avaient offert à leurs grands parents, avec leur argent de poche, ces masques diaboliques des bals vénitiens.

Cet Opéra, suivi d’un dîner près du pont du Rialto et d’un retour à l’île Certosa par un bateau taxi conclut de belle manière notre séjour de trois jours ici.

A la lumière dorée du couchant les maisons colorées de Rovinj se découvrent à l’approche, ce Vendredi 26 Juin, après une traversée monotone du golfe de Venise effectuée au moteur malheureusement. Elles se pressent autour du port pittoresque et sur les pentes de la colline dominée par le haut clocher de Ste Euphémie. A l’origine construite sur une île fortifiée par un double mur d’enceinte, ceux-ci ont été démolis pour permettre son extension et l’île est devenue une presqu’île après comblement de l’étroit passage entre celle-ci et la terre. Sous domination vénitienne pendant cinq siècles elle garde une influence italienne très nette. Le lendemain matin nous gravissons ses ruelles étroites et moyenâgeuses pour déboucher sur l’esplanade de l’église d’où l’on jouit d’une très belle vue sur le port et sa rade protégée par une île. A l’intérieur un sarcophage de pierre à l’épaisseur impressionnante abrite, parait-il, les reliques de la sainte, martyrisée en Asie mineure. Quelques siècles plus tard, sa sépulture étant menacée par les iconoclastes, ce lourd sarcophage atterrit mystérieusement par la mer ici pour devenir la patronne de la ville. Au Moyen Age les reliques avaient une grande importance ; elles voyageaient beaucoup et réapparaissaient miraculeusement (lorsqu’elles n’étaient pas simplement volées) pour donner lieu à des pèlerinages importants, Après St Jacques à Compostelle, St Barthélemy à Otrante c’est le troisième exemple (sur la route récente de Balthazar) de l’arrivée mystérieuse par la mer de ces prodigieux objets d’adoration. Trop onéreux et rares pour se procurer un squelette entier l’évêque ou le Supérieur du lieu faisait venir qui une main, qui un crâne, qui un humérus, qui un tibia. Ils étaient alors recouverts souvent, comme nous le verrons dans un trésor à Dubrovnik, d’une enveloppe en argent ciselé représentant magnifiquement le supposé membre entier. Comparant ces pratiques au fétichisme je me fais vertement réprimandé par Anne-Marie et Bénédicte. Comme quoi il ne faut pas trop jouer avec les symboles, surtout s’ils sont religieux !

L’orage menace et le vent grimpe brutalement de la pétole à force 7. A déraper vite fait dans ce début de nuit noire. Bien que l’ancre ne bronche pas et que l’amortisseur textile (robuste bout de nylon 3 torons de 26mm, résistance 11 tonnes, courant sur 13m à plat pont jusqu’au taquet arrière) amortisse bien les coups de rappel brutaux sur la chaîne et sur l’ancre, on ne reste pas dans une baie ouverte, le vent portant vers les rochers qui ne sont qu’à une petite trentaine de mètres. Vite, mettre en route le radar pour se diriger dans ce dédale d’îles et d’îlots non éclairés, juste au Sud de Rovinj, en conservant avec l’aide du sondeur les distances nécessaires (il faut se méfier dans ces cas là de l’exactitude du calage des cartes électroniques). Le voilier italien qui était mouillé à côté de nous nous suit de près, n’étant pas équipé de radar. Une vingtaine de minutes plus tard l’ancre plonge dans une petite baie bien abritée quand le sondeur nous annonce 10m et la carte un fond de sable. Au dodo. Au matin nous nous réveillons par un temps superbe, Balthazar mouillé dans une jolie baie boisée. Seules deux belles maisons apparaissent dans la pinède. Joyeuse baignade dans une eau cristalline.

Dimanche 28 Juin. En fin d’après-midi la calanque Krivica se découvre à la dernière minute sur une côte sauvage. Longue, étroite et sinueuse, entourée de pins et de quelques maisons, elle apporte dans un très beau site le calme et la sérénité. Mouillage avec un bout à terre car il n’y a pas la place d’éviter. Que la baignade dans une eau transparente est bonne après une assez longue et chaude étape de 60 milles combinant voile et moteur. Celle-ci nous a conduit dans l’archipel de Losinj au Sud de l’Istrie que nous venons de laisser dans notre sillage. Balade à terre, et Ti’punch concluent cette belle journée.

Le lendemain matin un homme sympathique vient en barque nous proposer fromage de chèvre et brebis, pain frais et strudels.

Après la baignade du matin, cap sur Dugi Otok, « l’île longue » (de 24 milles) en empruntant le Silbanski Kanal. Belle journée de voile au portant d’une quarantaine de milles sur une eau plate au milieu de la multitude de ces îles qui longent la côte croate, un vrai paradis de la voile.

Vers 17h nous pénétrons dans l’un des plus beaux sites de Dugi Otok, l’anse de Brbinj (allez prononcer ces noms là lorsque nos voyelles sont absentes comme dans le nom d’une île voisine, Krk !) entourée de pentes boisées abritant au fond un village intact. Les fonds descendant très vite l’ancre est mouillée dans la pente assez raide par 30m de fond puis la ligne de mouillage est raidie par un bout à terre amenant la poupe à une dizaine de mètres du rivage dans une eau superbe. C’est l’heure du bain !

Tiens ! Ce matin le moteur du zodiac (Susuki 4 temps 6CV) a du mal à démarrer alors que le et la capitaine vont se dégourdir les jambes au village après la baignade du matin. D’ailleurs il cale au bout d’une centaine de mètres et de l’essence coule sous le moteur. La rame c’est fiable, silencieux et çà fait du bien.

La panne est rapidement identifiée au retour ; après avoir retiré le capot l’origine de la fuite est localisée : la vis pointeau de purge du carburateur est complètement desserrée. Voilà pourquoi hier Nicole avait signalé qu’il y avait une odeur d’essence. Séchage, une goutte de loctite frein filet faible, resserrage de la vis et tout rentre dans l’ordre.

Encore une très belle journée de voile au portant interrompue à midi par un mouillage piquenique dans une petite anse déserte protégée par le cap Skrovada sur l’île Lavdara.

Certains détroits sont délicats. Par exemple le Prolaz Proversa Mala séparant l’île Dugi Otok au Nord et l’île Katina (Otok Katina) au Sud ; Balthazar accélère en loffant pour embouquer l’étroit chenal. Que va faire le vent de NW au passage le plus étroit ? Laquelle des deux baies qu’il sépare va avoir la pression la plus élevée pour se vider dans l’autre ? Dans le doute d’une réponse pas évidente j’anticipe et mets en route le moteur au ralenti. Si en effet le vent refuse au passage le plus étroit, une dizaine de mètres, je n’aurai le temps de rien faire avant d’aller échouer Balthazar sur les rochers sous le vent. Bingo! le vent refuse, le génois claque et Balthazar ralentit, à mettre les gaz vite fait avant le début de la dérive.

Tout de suite après avoir franchi le passage le vent reprend sa direction générale NW, les voiles regonflent, les écoutes raidissent ; à couper le moteur.

En pénétrant ainsi dans l’archipel des Kornati un panorama à couper le souffle défile lentement sous nos yeux. Des îles totalement arides, rocailleuses, aux formes douces, souvent des mamelons, où seules quelques tâches vertes d’oliviers, de pins ou de buissons apparaissent dans le creux de rares petits vallons. Le contraste est violent avec la mer bleu cobalt ou émeraude suivant la profondeur, d’une limpidité cristalline, qui les entoure. Jadis ces îles étaient recouvertes de forêts comme leurs voisines du Nord et du Sud. Mais des bergers s’installèrent pour y élever des chèvres et des brebis. Pour accroître la surface de pacage ils n’hésitaient pas à mettre le feu à la forêt. Les chèvres et les brebis mangeaient les moindres tentatives de repousse. Résultat : la terre qui n’était plus retenue par les racines partit progressivement à la mer. Adieu la couverture végétale, adieu chèvres, brebis et bergers. Il reste un paysage lunaire et désertique, devenu par sa singularité un Parc National. Seuls d’anciens murs de pierres sèches, descendant les lignes de grande pente depuis les crêtes jusqu’à la mer séparant de vastes parcelles de rocailles témoignent de ce passé.

Jean et Evelyne (Morel) ainsi que Michel et Albertine (Guyot) se souviennent sans doute du modeste et sympathique restaurant dans un cabanon au bord de l’eau du petit hameau de Vrulje, sur Otok Kornat, l’île principale de l’archipel des Kornati, lors de notre première visite sur Marines il y a une dizaine d’années.

Cette fois-ci un restaurant équipé d’un ponton tout neuf à l’entrée de la petite baie facilitera les débarquements. Nous y faisons un repas de très bonne qualité. Au moment de payer par carte le garçon fort sympathique m’explique que la couverture du réseau étant quasiment nulle il faut embarquer sur un canote accosté devant pour s’éloigner du masque des collines. Transaction non classique en mer, au ras de l’eau, à la lumière d’une lampe de poche, mais çà marche.

Mercredi 1er Juillet. L’équipage savoure son bain de mer dans une eau magnifique dans Uvala (la baie) Lopatica à une heure de voile au Sud de Vrulje.

Aujourd’hui c’est la récréation, une petite heure seulement de voile après le déjeuner nous approchons de la petite île de Smokvica Vela, île la plus au Sud de l’archipel des Kornati. Nous avons en effet quelque peine à nous arracher à cette sorte de sorcellerie qui nous entoure.

L’ancre plonge dans une eau toujours d’une limpidité extraordinaire dans l’Uvala Lojena, au fond de laquelle se trouve un port miniature. Une petite jetée, deux cabanons de pêcheurs, quelques barques, quelques pins et oliviers, un ou deux bougainvillées, forment le charmant décor de ce havre de paix. La brise thermique qui nous a portés est maintenant tombée ; l’eau est un miroir et le soleil encore relativement haut éclaire des fonds superbes, faisant ressortir les tâches émeraude du sable au milieu des champs plus sombres de posidonies que l’on croirait toucher. Le rituel bout à terre étant rapidement installé, nous savourons un bain régénérateur. Lorsque le soleil a cédé Bertrand, Bénédicte et moi ne pouvons résister à enfiler des chaussures de marche au bout du petit quai où nous venons d’accoster en zodiac pour remonter le vallon séparant les deux collines qui dominent la baie. Un chemin rocailleux monte tout droit entre deux murs en pierres sèches. Des murs de pierres sèches il y en a partout, croisant les murs des restanques abandonnées, formant ainsi de minuscules parcelles sur sur chacune desquelles poussent encore deux ou trois oliviers et quelques figuiers. On a peine à imaginer la difficulté de vivre de ces pêcheurs autrefois, alors que les plaisanciers ne leur apportaient pas le complément de ressources important d’aujourd’hui, petit bistrot ou restaurant, vente de poisson, de colliers de corail…et se disputant ces mini parcelles arides. Mais peut-être, à la réflexion, que leur frugalité leur permettait-elle de vivre de leur pêche, de quelques olives, de l’huile de leurs oliviers (sur une salade de pommes de terre troquées avec des oignons contre du poisson sur le continent c’est délicieux et très sain), du lait, de la viande et des fromages de leurs chèvres et brebis plus quelques poules sans doute. Frugalité et autarcie semblables à celles qui prévalaient il y a seulement un peu plus d’un siècle dans nos montagnes du Briançonnais. Mais ici les hivers sont moins rudes et beaucoup plus courts !

Au col séparant les deux collines un court parcours sauvage au milieu des cystes et autres petits buissons méditerranéens, enjambant ici ou là des blocs du beau calcaire blanc gris de notre Provence nous conduit au sommet d’une des deux collines. Un panorama magnifique s’étale sous nos yeux. A nos pieds le port miniature et Balthazar immobile entouré de quelques bateaux, autour de nous les murs de pierres sèches escaladant les collines jusqu’à mi hauteur et les restanques dessinant des courbes de niveau, plus loin la mer et l’enfilade des mamelons des îles Kornati éclairées par le soleil couchant. A la redescente nous retrouvons Françoise, Nicole et Eckard venues à notre rencontre, Anne-Marie ayant préféré se reposer à bord après la baignade.

A déraper l’ancre le lendemain après la rituelle baignade du matin. Adieu les Kornati qui nous ont charmés (charme dans le petit Larousse : attrait mystérieux exercé sur quelqu’un). Cap sur les îles boisées du Sud. Le temps est immuablement beau. Une modeste brise thermique nous offre une belle journée de voile facile au portant. Après 55 milles et à quelques milles de la belle cité moyenâgeuse de Hvar Balthazar pénètre alors que le jour tombe dans une petite baie déserte, l’Uvala Duboka Vela, sur une des iles Pakleni, (nous préférons lors de l’arrivée dans les ports des villes historiques mouiller quelques milles avant la veille pour profiter du calme de la Nature, d’une bonne ventilation au mouillage et de la baignade dans une eau limpide. Nous arrivons alors en début de matinée du lendemain dans ces ports très fréquentés à l’heure où les bateaux les quittent en libérant ainsi des places), Baie entourée de pentes boisées inhabitées. Nous sommes en pleine nature, les cigales cessent de chanter, non de craqueter ou de striduler, car il faut de l’imagination pour dire que les cigales chantent, et savourons le silence avant que les grillons prennent leur relais en grésillant plus discrètement dans la nuit (puisque les langues donnent un nom spécifique aux sons émis par chaque animal ! ces verbes là vous les connaissiez sans doute, moi non ; la lettre de Balthazar cela me fait faire un bon exercice matinal en attendant l’équipage pour le petit déjeuner).

Vendredi 3 Juillet. Balthazar entre dans la rade de la ville historique de Hvar. Le port grouille de ferries, d’hydroglisseurs, de bateaux d’excursion et de yachts mouillés dans la baie ou à quai. Mais à 10h30 une des rares places à quai avec eau et électricité est libre et nous permet d’accoster en plein cœur de la ville.

Balthazar se retrouve, seul de sa race de voiliers, encadré par quelques mégayachts à moteur rutilants que leur équipage ne cesse de la ver et d’astiquer. Devant nous l’ancien arsenal des galères, très beau bâtiment ancien en pierres sculptées, galères que chaque ville contrôlée par Venise ,devait lui fournir chaque année (la Sérénissime entretenait au temps de sa splendeur une flotte impressionnante de galères et entretenait probablement le plus grand arsenal de galères de l’époque où s’activaient 16000 ouvriers !) , un quai dallé de pierres de taille datant de plusieurs siècles d’où les voitures sont bannies, comme dans tout le centre historique, bordées de belles maisons anciennes également en pierres de taille blanches aux toits de tuiles rouges, des arcades, une place dallée entourée de l’ancien palais du gouverneur, d’un palais vénitien, devenu hôtel, de la cathédrale et de son campanile, ainsi que du palais de l’évêque, palais gothiques et Renaissance, des ruelles moyenâgeuses interrompues par des escaliers, surplombées de solides balcons de pierre ouvragés.

Le lion de St Marc apparaît sur beaucoup de ces bâtiments dont la plupart furent construits sous la domination de Venise qui dura près de cinq siècles, du Moyen Age jusqu’à l’occupation de la ville par les troupes de Napoléon (qui dura seulement sept années, de 1806 à 1813. Après la chute de Napoléon et le traité de Vienne c’est l’empire austro hongrois qui mit la main sur Venise et ses possessions, jusqu’au traité de Versailles qui mit fin à la guerre de 14 et fit disparaître cet Empire).

Ce soir, dans un palais vénitien, de la terrasse de son restaurant dominant le port animé, nous savourons un agréable dîner, à des prix très raisonnables, en profitant de la fraîcheur après que la chaleur du jour ait cédé.

La vieille ville est entourée de remparts et dominée par une citadelle.

C’est le lendemain matin avant que la chaleur ne s’installe que tout l’équipage lance l’assaut en attaquant la pente raide de la ruelle dallée, interrompue seulement par des escaliers, partant de la place principale pour escalader la colline. Au-delà des dernières maisons un chemin plus confortable en lacets traverse un agréable parc de pins, d’agaves, de lauriers roses, de romarins et d’oliviers planté sur l’ancien glacis. Anne-Marie a mis le petit braquet et monte régulièrement à son pas. Nous débouchons enfin sous les remparts de cette citadelle bien défendue. Cette forteresse est le symbole de l’histoire très mouvementée de la ville. Elle figure d’ailleurs sur l’ancien blason de Hvar, à côté du protecteur de la ville, Saint Etienne, pape et martyre. Cette forteresse a en particulier sauvé tous les habitants de Hvar qui ont pu s’y réfugier à temps quand les Turcs, encore eux, ont attaqué la ville le 19 Août 1571, l’ont dévastée et incendiée. Depuis les embrasures des canons couvrant la rade nous jouissons d’une vue magnifique sur la ville et son port. Sur un des canons je lis, gravé dans le bronze, « Nevers, 1808 », canon amené donc là par les troupes de l’Empereur. D’ailleurs c’est l’armée française qui construisit le Fort Napoléon, en 1811 sur une montagne encore plus haute et protégeant en particulier la citadelle, comme à Briançon les forts placés de plus en plus hauts couvraient ceux d’au-dessous.

A larguer les amarres en cette fin de matinée après cette belle balade en route pour le Sud de la Croatie et le Monténégro

Aux parents et ami(e)s qui nous font la gentillesse de s’intéresser à nos aventures nautiques à travers ce carnet de voyages

Pour lire d’autres lettres de Balthazar ou voir des photos et documents visitez artimon1.free.fr

Equipage de Balthazar :

Jean-Pierre et Anne-Marie, Françoise (salefranque), Bénédicte et Bertrand (Duzan), Nicole (Delaître), Eckard (Weinrich).